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Chronique sourcée

Grève : vous foutez quoi les syndicats ?

Vous foutez quoi, les syndicats ?

Oh ! Vous foutez quoi, les syndicats là !?

Non mais sérieusement. Les lycéens bloquent leurs bahuts et se font mutiler devant les grilles. Le 17 octobre, la France entière descend dans la rue contre la vie chère, et vous, l’intersyndicale, vous sortez votre agenda.

Le 5 octobre, vous écrivez, je cite : « La colère est immense. Il faut sans attendre répondre aux urgences sociales. » Sans attendre. Et dans le même communiqué, vous fixez la grève… au 5 novembre. Donc en gros vous avez réussi à écrire « sans attendre » et « dans un mois » sur la même feuille… Je suis le seul à trouver ça complètement con ?

Le 17, d’ailleurs, la CFDT, FO et l’Unsa n’ont même pas appelé à manifester. Et deux jours après, la CFDT publie un communiqué pour expliquer que, « l’heure n’est pas à dénoncer les responsables ».
Pardon !? C’est quoi ce syndicat de tocards la ? Les lycéens gazés et mutilés face au gouvernement qui sabre le budget de l’éducation, même responsabilité ?! Merci pour la nuance la CFDT.

Ah et ce matin, l’intersyndicale est allée à Matignon voir Lecornu, non le ministre, pas Macron à poil ! Avec à table une énorme cuve à pisse, ministre de l’Intérieur.

Premier sujet au programme : « les voies et moyens pour garantir l’indispensable liberté de manifester. » Traduction : on va parler de vos cortèges et de comment les tenir. Les gens qui se font matraquer, gazé ou mutilés n’étaient pas invités. Par contre, le ministre qui dirige cette réprfession, si. Un beau dialogue objectif quoi…

Résultat, de la bouche même de Sophie Binet en sortant : « aucune mesure ». Ohlala ! Comme c’est étonnant ! Les syndicats sont invité pour discuter de rien, comme à chaque fois. Lecornu leur propose de plancher dessus pendant un mois. Et Binet ajoute : « Chaque heure compte. » Chaque heure compte… et la grève, c’est dans quinze jours.

Et c’est pas un accident. En 2023, sur les retraites, quatorze journées de mobilisation bien espacées, bien déclarées, et la réforme est passée quand même. En 2025, Lecornu reçoit déjà l’intersyndicale, ne lâche rien, et l’intersyndicale répond par une nouvelle date. En 2026, on recommence. Une colère immense, un café à Matignon, une date dans un mois. Voila… Oh les syndicats là, quand es-ce que vous allez faire preuve d’un peu de courage et de détermination ?

Vous avez le pouvoir de rassembler énormément de corps de métiers, de travailleureuses, et j’en passe et d’organiser une grêve générale qui pourrait pousser l’état à écouter mais vous faites plus rien ? C’est quoi ces syndicats en fait ? Vraiment, je pose la question de manière légitime, mais depuis quelques années, vous avez perdu la flamme !

Annoncer une grève annoncée un mois à l’avance, ben ça laisse un mois au gouvernement pour s’organiser. Et pendant ce temps, Lecornu renvoie toute réponse sur le pouvoir d’achat à la fin du débat budgétaire, en décembre. Après le 5 novembre.

Alors à toi qui regardes ça, que tu sois salarié·e, lycéen·ne, retraité·e ou au chômage : t’as pas besoin de la permission d’une intersyndicale pour te lever. Une assemblée générale, ça se convoque avec tes collègues. Une caisse de grève, ça se monte. Et le 24 octobre, il y aura du monde dans la rue : les lycéen·nes, les gilets jaunes, toutes celles et ceux qui n’ont pas attendu qu’on leur donne une date. Rejoins-les.

Et l’intersyndicale, on vous attend aussi. Mais on vous attendra pas pour nos droits.

Si tu veux suivre ça avec moi jusqu’au 5 novembre et après, abonne-toi.

Parce que pendant que vous attendez le 5, eux n’attendent rien. Le budget avance, les couvre-feux tombent, et les gens continuent de se faire violenter. Ça ne va pas s’arrêter tout seul.