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Chronique sourcée

Le RN refuse un congé aux victimes de VSS

Le Rassemblement National n’est jamais du côté des victimes, toujours de celui des bourreaux.

Et vendredi, ces gros sacs à merde l’ont encore prouvé à l’Assemblée.

La loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles prévoyait un truc tout bête : un congé pour les victimes. Dix jours minimum pour porter plainte, voir un médecin, gérer la paperasse, sans taper dans ses congés payés.

L’article a été rejeté par 77 voix contre 74. Ça s’est joué à trois voix. Soixante-seize venaient du RN, la dernière du groupe d’Éric Ciotti.

Pour l’argument, c’est Gaëtan Dussausaye qui s’y colle : ce congé « manque de souplesse », il vaut mieux laisser faire les accords d’entreprise.

Tu t’es fait agresser ? Bon ben déjà t’as le courage d’aller porter plainte avec une chance sur deux que la police te prenne pas au sérieux mais d’abord tu dois demander l’autorisation à ton patron pour avoir le droit de le faire… Comme si c’était pas déjà assez difficile comme ça…

Et pour le coup je sais de quoi je parle, j’ai subi deux agressions sexuelles par ma responsable dans un ancien travail, outre le trauma que ça m’a provoqué, j’ai pas osé aller en parler à mon patron de l’époque et c’est une collègue formidable qui m’a donné la force pour qu’au final le patron réponde que j’avais eu de la chance de me faire agresser par une femme, que c’était sexy… Et encore, moi je suis privilégié en tant que mec sur tous ces points là…

Enfin bref, je digresse mais je tenais surtout à souligner que déjà que la police est mal formée pour enregistrer les plaintes, on t’impose donc une double peine de devoir en parler à des personnes encore moins formées pour avoir l’opportunité de déposer plainte ! Et imagine qu’en plus l’agression ait eu lieu dans le cadre de ton travail et par ton patron… Tu penses vraiment que t’auras un congé de sa part pour aller déposer plainte contre lui ?

Voilà ce que le RN appelle la souplesse.

Et vous savez comment ils ont gagné, ces gros fils de flics ? Avec dix-huit délégations de vote. Une députée socialiste a même affirmé en séance qu’Hélène Laporte, comptée « contre », posait au même moment au salon de l’élevage avec Marine Le Pen. Voter contre les victimes à distance, entre deux photos Facebook, faut quand même avoir le talent.

Le même jour, le RN a obtenu la suppression d’un autre article, celui qui interdisait d’expulser une personne étrangère tant que sa plainte pour violences sexuelles est en cours. Thomas Ménagé a résumé ça avec toute sa délicatesse : « Les passeurs ont trouvé des alliés ici. »

Donc pour le RN, une femme étrangère qui porte plainte, c’est une fraudeuse.

Et quand c’est une star qui est accusée ? Patrick Bruel est mis en examen pour viol depuis juin, avec une trentaine d’accusations. Fin août, Julien Odoul, porte-parole du RN, va sur CNews pour regretter qu’on ne veuille pas admettre que les femmes qui accusent puissent être des menteuses et des manipulatrices.

Et Jean-Marc Morandini ? Condamné en appel pour corruption de mineurs en mars 2025, et les élus RN continuaient d’aller régulièrement sur son plateau. Le lendemain de sa condamnation définitive, leur porte-parole Mathieu Vallet y était encore. Le boycott n’est arrivé qu’après que Sonia Mabrouk elle-même avait pris ses distances. Le RN a découvert la morale après CNews… faut le faire.

Une victime étrangère, c’est une fraudeuse. Une salariée agressée, elle n’a qu’à négocier. Des femmes qui accusent, ce sont des manipulatrices. Et les agresseurs, eux, ont droit à la présomption d’innocence, aux plateaux télé et à la souplesse.

Et tout ça, encore une fois je te sors mon gimmick, c’est pas un accident, c’est un putain de système.

Et s’ils ont pu gagner à trois voix, c’est aussi parce que sur 90 députés macronistes, 13 avaient pris la peine de venir.

Mardi 13 octobre, l’article revient au vote. Écris à ton ou ta députée, rappelle-lui que tu regardes.

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