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Chronique sourcée

Lecornu nie les violences policières

ACAB Nonobstant, épisode 18

Le Premier ministre a trouvé la solution aux violences policières : interdire de les appeler comme ça.
Bienvenue dans cet épisode 18 de ACAB Nonobstant.

Bon, t’as vu ? Mardi à l’Assemblée, Sébastien Lecornu nous a sorti que dire « violences policières », ça suggérerait qu’il y a des instructions politiques de répression.
Donc en gros, y’a pas d’ordre, donc y’a pas de violence. Ça va, t’as suivi ? Moi non plus.

Et dans le même discours, attention, il nous rappelle que la responsabilité des individus existe, « y compris des mineurs ».
Celle des mineurs, ouais. Celle des flics, bizarrement, il l’a pas trouvée dans ses fiches.

Le récap de ce qui existe pas

Alors on va faire un petit récap de tout ce qui existe pas, hein.
Maël, 16 ans, qui a perdu l’usage de son œil droit à Tours après un tir compatible avec un LBD, on t’en a déjà parlé.
Lundi à Lens, Evan, 15 ans, en seconde au lycée Auguste-Béhal, s’est fait amputer de la main gauche après l’explosion d’une grenade assourdissante devant son bahut. Il a 15 ans et il a plus de main gauche.
Mardi, le policier qui a défoncé le visage d’un gamin de 14 ans au lance-grenade a été mis en examen pour violences.
À Metz, une gamine de 14 ans s’est fait plaquer au sol pendant son interpellation, et le parquet a ouvert une enquête.
Et jeudi à Dunkerque, t’as un 4×4 de la police nationale qui fonce sur des lycéens et qui embarque une barrière au passage.

Heureusement qu’on a la police pour nous protéger.

Le quiz

Mercredi soir, il remet ça depuis Matignon : les forces de l’ordre « n’ont pas pour instruction d’affronter les lycéens ».
Ok Sébastien. Petit quiz alors : combien d’enquêtes l’IGPN a ouvert pour des violences qui existent pas, ordonnées par personne ?
…
La réponse c’est dix. Dix enquêtes de la police des polices depuis le début du mouvement. La police des polices, hein, celle qui d’habitude trouve jamais rien.

Donc soit tes flics tirent sur des ados sans que personne leur ait rien demandé, et t’as perdu le contrôle de ta police.
Soit quelqu’un leur a demandé.
Dans les deux cas, c’est ta faute, Sébastien.
Mais non, pour lui le problème c’est pas la main d’Evan, c’est le mot. Parce qu’un mot, ça s’écrit sur une pancarte et ça se gueule dans une manif.

Heureusement qu’on a la police pour nous protéger.

Le 17 octobre

Et justement, les lycéens et les lycéennes lui ont déjà répondu : samedi 17 octobre, mobilisation générale, à Paris et dans une vingtaine de grandes villes.
Rejoins-les, avec tes parents, tes profs, tes potes, et gueule « violences policières » assez fort pour que ça remonte jusqu’à Matignon.
Et si tu veux un média qui continue de dire violences policières même quand Matignon préfère qu’on ferme notre gueule, abonne-toi.

ACAB, nonobstant.

📚 Sources officielles